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Welcome to the book Le Tabac et les Prisonniers, by Dr. Claude E. Bourdin (1884).
Tobacco pushers and their accessories conceal the breadth of tobacco effects, the enormity of the tobacco holocaust, and the long record of documentation.
They especially conceal from the public the tobacco role in crime, a role that has long been documented and cited by medical writings and analyses.
The concealment process is called the "tobacco taboo." Other pertinent words are "censorship" and "disinformation."
Here is the text by Dr. Claude E. Bourdin of an early exposé (1884) of the tobacco-crime connection. Data on the tobacco-crime connection dates back to the 1830's, and on the causation process back to at least 1603. It cites facts you don't normally ever see, due to the "tobacco taboo."
The phrase "tobacco taboo" is the term for the pro-tobacco censorship policy—to not report most facts about tobacco.

Le Tabac et les Prisonniers
par le Dr. Claude E. Bourdin (1815-1886)
(Reims, France: P. Lajoye et Société contre l'abus du tabac (Paris), 1884)

Membre à vie de la Société contre l'abus du tabac;

Membre honoraire des Sociétés médico-psychologique, médico-pratique et statistique de Paris;

Membre correspondant des Académies des sciences; arts et belles-lettres de Dijon et de Rouen; des Académies royales de médecine de Turin et de Madrid; des sociétés de médecine de Nancy, Tours et Besançon;

Officier de l'instruction publique.

Extrait du Journal de la Société contre l'abus du tabac (page 283, Paris, 1883).

PARIS

SE VEND AU PROFIT DE LA SOCIÉTÉ
38, RUE JAC0BY 38
Reims: P. Lajoye, 1884

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LE TABAC ET LES PRISONNIERS

DU MÊME AUTEUR.

Traite de la catalepsie, i vol. in 8°, Paris. 1843.

Du suicide considéré comme maladie, Paris, 1845.

Cerise, sa vie et ses oeuvres, brochure in 8°, Paris, 1872.

De l'influence des événements politiques sur la production de la folie, brochure in 8°, Paris, 1872.

L'extatique de Fontet, opuscule in 8°. Paris, 1878.

De l'esprit d' persécution chez les Anomaliens (ext. des annales médico-psychologiques, 1878.

Horreur du vide, opuscule in 12°. 1878.

Antonomasie et aphasie, brochure in 8°, Paris, 1881.

Les enfants monsteurs, étude médico-psychologique, Paris, 1883.

Hallucinations et illusions, ex. de l'Encyclopédie des sciences, des lettres et des arts, Paris, 1880.

De la propriété hémostatique du coton, mémoire présenté à l'Académie des sciences de Paris, 1884.

Le tabac, ses inconvénients, ses dangers. Paris, 1882.

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LE TABAC ET LES PRISONNIERS

L'Amérique est décidément le pays des excentricités. Depuis longtemps cette affirmation n'a plus besoin de preuves. Cependant s'il restait encore du doute à ce sujet dans l'esprit de certaines personnes, nous allons rapporter à leur intention, un petit récit qui ne manquera pas de les convaincre.

Un journal raconte très sérieusement que le docteur Casper Wistar, inspecteur de la prison de Moyamensing (Pensylvanie), aurait réussi à persuader au comité du conseil de la ville de Philadelphie chargé de la surveillance des prisons, qu'il était indispensable de donner aux conviens tout ce qui est nécessaire pour fumer, priser et chiquer.

Depuis plusieurs années figure au budget de la ville de Philadelphie une somme suffisante pour pourvoir aux dépenses nécessitées pour l'acquisition du tabac destiné aux prisonniers. Proposition fut faite de supprimer ces dépenses.

A ce sujet, une discussion s'engagea entre les membres du comité de surveillance. Les uns, s'appuyant sur des considérations morales, déclarèrent que les prisonniers devaient être privés de leur ration de tabac, sous le prétexte que les violateurs de la loi, frappés par la justice humaine, n'avaient droit à aucune des jouissances du luxe. Ces mêmes membres faisaient valoir un autre argument qui nous paraît être resté sans réponse. Ils disaient que beaucoup de prisonniers qui n'avaient jamais l'ait usage du tabac avant d'être condamnés, contractaient, dans la prison même, l'habitude vicieuse de fumer et même de chiquer.

Le docteur Casper Wistar plaça la discussion sur un autre terrain. Mettant de côté les considérations de l'ordre moral, il parla au nom de l'humanité, déclarant que l'usage du tabac étail nécessaire à la santé des prisonniers. Il rappela qu'une fois déjà on avait supprimé l'allocation

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destinée à couvrir les frais occasionnés par l'usage du tabac et il affirma que cette suppression avait eu les effets les plus funestes sur la santé des prisonniers. Le crédit fut rétabli. La ration du tabac fut rendue aux prisonniers, et la condition sanitaire des prisons s'améliora aussitôt dans la proportion de «50 p. 100»; ainsi parlent les calculs officiels.

Entre autres faits allégués, le docteur Gasper Wistar cita notamment «l'influence de la vie sédentaire sur la perte d'appétit, la cardialgie, la dyspepsie et autres maladies d'estomac.» Mais il ajouta doctoralement que le tabac est un médicament tout-puissant pour la guérison de ces maladies [Gavedes Tribunaux, 20 novembre 1883).

Bref, le docteur Wistar a gagné sa cause. Un crédit annuel de 600 dollars (3.000 francs) a été voté et affecté à l'acquisition du tabac, pour l'usage des convicts détenus dans la prison de Moyamensing.

Nous n'avons pas à discuter la question morale de l'usage du tabac, nous la passerions même entièrement sous silence si nous ne sentions le besoin de relever un seul argument mis en avant par les partisans du refus de l'allocation proposée.

La peine de la prison a pour objet de punir le coupable en réparation de la faute commise; mais elle a aussi pour but suprême l'amendement du condamné. La prison doit être moralisatrice. Tous les criminalistes sont d'accord sur ce point. Or, nous affirmons qu'introduire le tabac dans la prison, c'esten changer le double caractère, sans profit pour la morale publique, et sans avantage pour le condamné.

Donner à un être humain une mauvaise habitude qu'il n'avait pas avant son incarcération, lui faciliter les moyens de descendre dans le vice, c'est coopérer à l'avilissement de cet être et à sa dégradation. Et qui donc, grand Dieu! se charge de ce misérable office? C'est un comité officiellement constituée qui fouille dans la poche des honnêtes gens pour subvenir aux frais du traitement corrupteur réservé à des individus profondément tarés et corrompus. De deux choses l'une, ou le procédé employé par le

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conseil de la ville de Philadelphie est bon, ou il est mauvais. S'il est mauvais, il faut l'abandonner. Tel est notre humble avis. S'il est bon, il faut en poursuivre l'application avec persévérance et en tirer les conclusions qu'il comporte. Cette dernière condition est dans la logique des choses et la logique finit toujours par avoir raison. Aujourd'hui vous accordez le tabac, demain vous accorderez l'alcool, après demain vous ferez une nouvelle concession et, d'encore en encore, vous pousserez vos prisonniers à la limite extrême de la dégradation. En vous laissant glisser sur cette pente dangereuse des concessions, vous n'auriez même pas la satisfaction d'atteindre le but, car les besoins et les passions sont insatiables.

J'arrive à la question de l'influence attribuée au tabac sur la santé des prisonniers. Les merveilles quenous racontent, à ce sujet, les médecins du nouveau monde, méritent d'être contrôlées, car elles intéressent la médecine, l'économie politique et la politique elle-même. Si ces merveilles sont vraies, il faut en proclamer la nouvelle urbi et orbi: si elles sont inexactes, il faut les renvoyer à leur auteur. Il y a donc lieu défaire des distinctions propres à jeter la lumière sur le sujet.

L'usage du tabac peut être considéré comme un simple délassement, ou comme un remède applicable à la guérison de certaines maladies.

A titre de passe-temps, le tabac peut rendre des services à ces tristes prisonniers, qui subissent l'emprisonnement cellulaire, nous reconnaissons le fait, sans conseiller le moyen, que nous regardons comme dangereux. Nous ne pensons pas qu'il soit absolument nécessaire d'empoisonner les gens pour le plaisir unique de les distraire. Au surplus, les médecins américains ne s'attachent nullement à cette considération, si l'on en croit la note que nous avons sous les yeux. Quant à la question de la propriété curative du tabac, c'est une autre affaire. L'opinion du docteur Wistar à ce sujet, est nette et ne laisse pas de place au doute: «Dans le cas de perte d'appétit, cardialgie, dyspepsie et autres maladies causées par une vie sédentaire,

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le tabac est un puissant médicament.» Ainsi s'esprinie le médecin de la prison de Moyamensing.

Ces quelques mots contiennent plusieurs hérésies médicales:

  • 1° II n'est nullement démontré que la vie sédentaire soit la cause des maladies d'estomac désignées cedessus;

  • 2° la même observation est applicable a fortiori à ces autres maladies, restées inconnues, qui se cachent en bloc, sous une vague dénomination qui ne mérite nullement l'honneur de trouver place dans le vocabulaire médical;

  • 3° s'il n'est pas douteux que l'on observe des affections nerveuses de l'estomac chez les personnes d'une vie sédentaire, on ne peut nier que ces mêmes affections se rencontrent-chez des individus jouissant de la vie active. Il y a donc lieu de distinguer, car il n'est pas facile d'admettre, même en pathologie, que deux causes contraires puissent produire le même effet;

  • 4° le tabac, dit la note en question, est «un puissant médicament» pour guérir les maladies d'estomac. Quand l'expérience aura parlé en faveur de cette opinion, nous nous inclinerons. Jusqu'à nouvel ordre nous considérerons le tabac comme un pur et simple poison;

  • 5° à défaut de preuves directes dans la recherche des causes, on a quelquefois recours à des analogies pour préparer l'opinion scientilique. Ce genre d'argumentation séduit certaines personnes. MM. les Américains dédaignent même ce mode de discussion. Ils affirment; voilà tout. Eh bien! cela ne suffit pas. Si les médecins du nouveau monde ont découvert dans le tabac des propriétés thérapeutiques nouvelles, qu'ils le disent. Nous ne demandons pas mieux que d'étudier ces propriétés. Nous sommes disposés à accueillir, avec reconnaissance, toutes les découvertes concernant la puissance curative d'un agent quelconque; mais avant d'applaudir, au nom de l'humanité, nous demandons des preuves, c'est-à-dire des faits bien observés;

  • 6° le tabac est un puissant médicament contre toutes les maladies occasionnées par la vie sédentaire. A cet inconcevable argument nous répondons simplement par le proverbe français: Qui veut trop prouver ne prouve rien.
  • A l'appui de ses dires, M. le docteur Wistar déclare que la ration de tabac accordée aux prisonniers a rendu leur condition meilleure dans la proportion de où p. 100.

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    Je ne sais si j'ai bien compris, mais je ne dissimule pas que la proposition me paraît exagérée et fort obscure. L'auteur veut-il parler de la diminution du nombre des malades admis dans l'infirmerie de la prison? Dans ce cas il aurait fallu les compter par catégories. Ici, on aurait trouvé les gastralgiques, les dyspeptiques, etc.;   là/les victimes de ces fameuses autres maladies,qui ont été jetées à travers un brouillard à la face du public. A-t-on voulu faire connaître une simple amélioration dans l'état de santé? L'auteur, en cette occasion, n'aurait pas perdu son temps, s'il nous avait fait connaître le moyen à l'aide duquel il a pu prendre la mesure de l'état de santé de chacun des prisonniers confiés à ses soins. A ma question sur ce dernier point, on m'a répondu que ce moyen merveilleux était tout bonnement la statistique.

    Il existe, en effet, de par le monde, une science qui porte le nom de statistique. Cette science est une grande raisonneuse qui parle avec des chiffres, et qui a la prétention de représenter, sur la terre, l'oracle de la certitude. Cette science marche à pas comptés, toujours soumise aux règles de l'arithmétique. S'il lui arrive quelquefois de s'abandonner à de certaines exagérations, il faut reconnaître qu'elle ne se met pas volontiers au service de la première extravagance venue.

    La statistique a un domaine limité. L'illustre Bichat a eu l'honneur d'en circonscrire exactement les confins: «L'invariabilité des lois qui président aux phénomènes physiques, dit-il, permet de soumettre au calcul toutes les sciences qui en sont l'objet; tandis qu'appliqué aux actes de la vie, les mathématiques ne peuvent jamais offrir de formules générales.—» Or, L'êtât de santé est précisément dans la catégorie de ces actes de la vie qui ne peuvent donner naissance à aucune formule générale.

    Je vais plus loin. Je déclare qu'il n'existe aucun moyen de mesurer la santé. Si ce moyen était trouvé, on pourrait

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    dire quelle est la pari de sauté attribuable à chaque individu. Cela fait, on saurait, à l'aide du calcula découvrir la quotité de santé possédée eu commun par une foule quelconque, composée, en fin de compte, d'une série d'indiudus distinct les uns des autres.

    Ce premier pas accomplie on ne serait pas plus avancé qu'auparavant, car il resterait à démontrer que la somme de santé mesurée dans chaque individu, serait bien réellement le produit de l'action du tabac. Je pose le problème. Que messieurs les Américains en cherchent la démonstration scientifique.

    Quelles seront donc les conclusions de ce qui précède? Nous semble quelles le dégagent clairement des faits et des arguments exposés. Nous disons donc:

  • 1° que l'usage du tabac peut être considéré comme un délassement pour les personnes qui n'en font pas abus, et nous ajoutons que ce moyen de distraction peut être remplacée avec grand avantage, par d'autres moyens et notamment par des œuvres utiles;

  • 2° que l'on n'a pas encore fourni la preuve scientifique de l'influence salutaire attribuée au tabac, considéré comme médicament souverain contre la dyspepsie, la cardialgie et autres maladies dont les noms sont restés un secret;

  • 3° qu'il n'appartient à personne de donner la mesure de la quantité de santé d'un individu déterminé;

  • 4° que les chiffres donnés à cet égard, doivent être considérés comme fantastiques, ces chiffres n'ayant pas plus de valeur que les fameux brouillards du Mississipi, dont la France a conservé, hélas! de si tristes souvenirs,

  • 5°, finalement, nous constatons, comme fait avéré, que l'usage abusif de l'herbe de Nicot peut produire les effets les plus funestes sur la santé des hommes. Elle agit notamment sur les facultés intellectuelles et morales; qu'elle atténue ou qu'elle abolit, de telle façon que l'on pourrait, sans exagération? appeler le tabac: l'herbe de la servitude.
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    PUBLICS LOIS CONTRE L'ABUS DU TABAC

    On trouve au siège de la Société, qui se charge de rewm par la poste, les ouvrages ci-dessous désignés.

    Physiologie sociale: Le tabac abrège-t-il l'existence? Est-il cause de la dégénérescence physique et morale? Parle Dr H. A. DEPIERRIS; 5 fr.

    La vérité sur la Tabac et la nicotine; par le Dr DEPIERRIS; 50 cent.

    Le Tabac et la famille: Il cause la rareté et la stérilité des mariages la débilité native et la mortalité des enfants, par le Dr DEPIERRIS, 50 cent.

    Effet du Tabac sur l'âme: criminalité, suicide, folie, mort subite, par le Dr DEPIERRIS, 50 cent.

    La Prisede Tabac, par le Dr DEPIERRIS; 50 cent.

    Le Tabac dans l'armée, par le Dr BODROS; 1 fr.

    L'abus du Tabac considéré dans ses rapports avec l'aptitude au travail, parle Dr COUSTAN; 1 franc.

    Du Tabac et de la nicotine; leur influence sur l'économie; par le Dr JACQUEMART; 1 fr.

    Recherches chimiques et physiologiques sur la fumée du Tabac, parle Dr GUST. LE BON; 1 fr.

    Cri d'alarme. Le Tabac de point de vue médicale, par le Dr. BLANCHET, médecin consultant, a Vichy (Allier); 2 fr.

    L'influence du Tabac sur la santé et sur les facultés intellectuelles et morales, par le Dr DRUHEN aîné; 1 fr. 50.

    Du Tabac; son usage nuisible a la aanté et à la morale et aux grands intérêts sociaux, par Aug. GAFFAW, 1 franc.

    De l'habitude du Tabac, par le Dr A. BERTHERAND; 1 franc.

    Le Tabac; ses inconvénients, ses dangers, parle le Dr BOURDIN, vice-président de la Société; 50 cent.

    Le Tabac et les prisonniers, par le Dr BOURDIN, 50 cent.

    Le Tabac devant l'hygiène et la morale, par M. [Emile François] DECROIX; 50 cent.

    De l'usaqe du Tabac dans l'armée, par M. DECROIX; 50 cent.

    Le Tabac et le soldat, par M. DECROIX; 50 cent.

    Influence du Tabac sur le développement des organes et des fonctions, par le Dr GOYARD; 50 cent.

    Le Tabac jugéparun vieux praticien, Hygiène des fumeurs; 50 cent.

    Un mariage compromis par le tabac y saynète en vers, par M. SALLEZ; 50 cent.

    Smoke Note: Fifty four Objections to Tobacco, hy Thomas REYNOLDS; relié, 2 fr. 50 cent.

    Nature of Tobacco; its destructive effects on mind and body, by James DRIVER; 50 cent.

    Die Rauchhexe, alten undjungen Gucdern des Rauchcrorden?, von J. V. STRUBEL; 2 fr.

    Tabac ist Gift! Physischer und psychischer Einnuss des Tabaks auf en menschlichen Organisnius, von B. LUNDAHL; 2 francs.

    PETITES FEUILLES: Le Tabac et le soldat; le Tabac et les jeunes fumeurs; le Tabac et l'hygiène; effets du Tabac sur la saline; le Tabac et la mort subite, etc. Chaque petite feuille (4 pages), 5 centimes 50 centimes la douzaine; 1 fr. 50 le cent.

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    [In interim, pending finalization of this site,
    you may be able to obtain this writing via your local library.

    A bibliography of Dr. Bourdin's writings is online at the French Reference Service.

    For more background on the tobacco-crime link,
    see references including but not limited to the following:

    Crime "Profile":
    White-Male-Smokers
    Alcott, 1836 Auburn, 1854
    Hodgkin, 1857 Mussey, 1862
    Depierris, 1876 Chase, 1878
    Bremen, 1882 Torrence, 1899
    Ellis, 1901 Stubbs, 1904
    Crane, 1915 Macfadden, 1924
    Danis, 1925 Hopkins, 1948
    Doughty, 1989 McKinney, 1991

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